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• James Baldwin
Fils d'un pasteur noir, James Baldwin (1923-1986) prêcha lui-même pendant son adolescence à Harlem. Harlem Quartet (1978) est le récit de quatre adolescents dont il reconstruit l'histoire trente ans après. James Baldwin vécut de nombreuses années à Paris. Il est mort à Saint-Paul-de-Vence en 1986. L'église de Julia était alors située dans une maison délabrée, à l'angle de la 129e Rue et Park Avenue, à l'ombre des rails du chemin de fer central aérien de New York, et un train traversa avec un rugissement le chant d'Arthur.
Quand dans le noir J'avance à tâtons La foi voit toujours au fond Une étoile d'espoir Et bientôt je serai délivré De tout le chagrin de la vie Et de ses dangers Un jour.
Un chant bien grave pour une si petite silhouette. Je me rappelle qu'il portait un costume bleu marine, une chemise blanche, un noeud papillon et des souliers noirs pointus bien cirés, et des tas de crans dans ses cheveux. Une coiffure très adulte aussi pour un garçon de cet âge, mais c'était la mode dictée par ses pairs et personne ne savait sous quel prétexte le dissuader de se coiffer ainsi. D'ailleurs, notre père Paul, solide et attentif au piano, était coiffé à la mode de ses pairs à lui : cheveux aplatis à mort à la gomina au point d'en paraître raides.
Mais je ne sais pas Le temps qu'il faudra Ou ce que l'Avenir Me réservera Mais ce que je sais C'est que si Jésus Me guide Je rentrerai chez moi Un jour.
James Baldwin Harlem Quartet Traduction Christiane Besse Editions Stock, 1991
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